Dis-moi ce que tu veux être

En étudiant ma situation professionnelle pour la 234ème fois de la journée j’en suis venue à quelques constatations :

Premièrement :  ça ne sert à rien de ressasser les mêmes choses 234 fois, 3 ou 4 fois suffisent. J’ai failli ne jamais me remettre d’une surchauffe de cerveau et je vous assure que cela peut être dangereux pour vous mais également pour l’entourage.

Deuxième constatation : on passe bien un quart de notre vie à bosser pour gagner de l’argent (et encore je suis sympa, il faudrait que je jette un oeil sur les études scientifiques à ce sujet . PS : qui a inventé l’expression « jeter un oeil »?) donc cela vaut quand même le coup de se poser quelques questions.

Troisième constatation : l’inaction cause un grave manque de motivation .

 

2bdad75dcf98ed0871d0bef99c1d020b
De mon point de vue, se poser des questions sur le plan professionnel va au-delà de savoir ce qu’on veut faire à savoir : ce qu’on veut être.

Ce qu’on veut dégager comme énergie en se levant pour aller travailler le matin, ce qu’on veut transmettre aux autres, ce que l’on veut continuer d’apprendre. Certains arrivent à vivre d’une passion, est-ce que c’est possible pour tous? Ou est-ce que la stabilité dans un travail qui n’est pas trop contraignant par rapport à notre caractère peut suffire et nous laisser le temps de nous épanouir en règle général?

 

914ee5c6a8971166751cd897bbd88e65

 

D’ailleurs vivre de sa passion peut aussi être contraignant. Je suis justement tombée sur un article ce matin d’une personne qui frôlait le burn out pour la simple raison qu’on adore ce que l’on fait  lorsqu’on est à notre compte mais on peut se mettre la barre très haute et surtout ne pas se laisser de repos même lorsqu’on est soi-disant en vacances. Il est vrai que je n’ai pas pris de vraies vacances depuis maintenant deux ans.

Une histoire de légitimité se mêle également à tout cela : ai-je vraiment le droit de gagner ma vie en faisant ce que j’adore? J’ai par exemple pensé à infiltrer un cartel de drogue mais finalement ça ne me fait pas vibrer soyons clairs.

Tout comme le monde de la nuit où l’on me surnommait Marius la reine des phallus, nous étions célèbres avec Claire la Panthère 😉

En fait je n’ai pas de réponses, je sais seulement que j’ai besoin d’être dans l’action, ne plus avoir autant de temps pour me poser des questions.

Je pense que rien n’arrive par hasard dans la vie et que si l’on y prête un peu attention des portes s’ouvrent, un portail serait mieux d’ailleurs comme ça je ne risque pas de le louper.
Et vous êtes-vous satisfait de votre vie professionnelle?

 

Publicités

Ma soirée chez Kelly et Brian

Toutes ressemblances avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

Profils jeunes, beaux, dynamiques, d’une gentillesse à toute épreuve, sans parler de leur rôle de parents exemplaires, Kelly et Brian font partie de ces couples qui dépriment les célibataires, attristent les gens fades et provoquent la jalousie des personnes en voie de divorce.

 

621b13913a689a9e8a1e80f6110dba03(oui je sais c’est énervant rien qu’en photo)

 
Ils aiment faire la fête et ont tout un tas de copains très sympathiques au coude léger et à la répartie osée prêts à les accompagner. Bien sûr avec Jules (oui celui du magazine Jeune et Jolie rappelez-vous), nous en faisons partie. Seulement nous ne faisons pas partie intégrante de la « bande » et cela implique une insertion plus difficile dans le flow.
Depuis quelques années est apparu le sens du mot restriction en soirée et j’ai dû m’imposer quelques règles :
Règle n° 1 à moi-même : Plus question de boire à outrance sans en payer le prix le lendemain que ce soit au niveau de la tête ou du sens du mot humilité.
Règle n° 2 : ne pas abuser de la nourriture proposée à profusion au risque de commencer la semaine en sensation paupiette à l’habillage du matin.
Règle n° 3 : Etre avenante et agréable tout en restant moi-même. Eviter les blagues de Toto ou celle du schtroumpf qui se cogne contre un arbre et se fait un bleu devant des personnes que je ne connais pas.
Quand tu es d’une personnalité relativement posée et discrète à premier abord (oui je parle de moi malgré votre air interloqué) et que tu débarques dans une soirée ou tu connais peu de monde, c’est d’autant plus difficile de s’en tenir à ces règles.
Je me tiens droite et souriante dans un coin de la pièce en essayant de paraître à peu près à l’aise. Lorsque Brian me propose un verre je me retiens de lui répondre : « oui je t’en supplie ».

Evidemment Jules est plus à l’aise que moi, il commence donc à passer de groupes en groupes en me laissant face à ma pesante solitude. Il ne reste plus qu’à tenter de ne pas terminer le verre d’une traite, cela demande une grande maîtrise de soi-même. Un peu comme les moines Shaolin lors de leur première année d’entraînement.

 

9a7481205e70f60173d4994e2b9fb12a
Etape suivante : envoyer des sms de menaces à la seule amie également invitée à la soirée qui habite à deux maisons mais a décidé de se faire désirer :
Me : Je te conseille d’enlever ta robe de soirée à paillettes ce n’est pas le thème même si l’avantage c’est que tu seras d’emblée plus remarquée que moi. Qu’est-ce que tu fais ? Je suis seule et j’ai peur.
Jessica : Je prends ma douche et j’arrive, tâche de survivre.
Me : Autant me dire que tu fais un aller-retour à Paris et que tu arrives. Je me sens m’effacer, le mur m’aspire.

Bien sûr elle ne répond plus vu qu’elle est sous la douche.
Il y a des avantages à être observateur en soirée :
Tu peux remarquer les gens qui sont aussi peu à l’aise que toi, car oui il y en a. Tu remarques le taux d’alcoolémie peu à peu augmenter en même temps que les voix, les rires et les gestuels. Certains viennent finalement te parler. Puis, arrivée une certaine heure, la musique augmente et les corps commencent à bouger.

 

99242d1d09c3315071c9f07f715b9c69
Depuis la naissance de l’enfant et de nombreuses nuits partielles, je souffre d’un traumatisme qui me range au même niveau que mes grands-parents pour l’heure du coucher, et encore je crois que mon grand-père se couche parfois plus tard.

Pendant que mes amis se vantent de s’être couchés à 4h du matin samedi soir, je commence à faire une crise de panique passé une heure du matin si mon lit n’est pas à l’horizon, telle Cendrillon (sauf que ses raisons sont plus complexes je vous l’accorde).
Et vous comment vous sentez-vous en soirée ? Est-ce que vous êtes du genre à faire la fête toute la nuit avec votre bande de potes ou les grosses fêtes ont plutôt tendance à vous mettre dans l’inconfortabilité (oui je viens d’inventer ce mot pour éviter de trop penser à la tournure de ma phrase)?

 

Aujourd’hui je vous propose d’écouter une jolie chanson entraînante :

3 conseils pour une vie moins positive

Je vous vois venir sur vos grands chevaux (qui a inventé cette expression d’ailleurs? ) : « Mais qu’est-ce qu’elle nous pond là, le but c’est quand même d’avoir une vie positive, moi je recherche le bonheur. « 

Et là je te réponds :  » tu mens Jean-Pascal! Je te vois prendre un plaisir malsain à écouter les chansons les plus tristes de Céline Dion ou Calogero (il y a sûrement eu d’autres chanteurs depuis mais je ne suis plus à la page) en repensant à ton ex ou à l’éventualité morbide que tout s’effondre autour de toi.

 

3dc8b543b88189d986ea023e001129ce

 

Votre vie se passe trop bien en ce moment? Le travail est formidable, les collègues sont sympas? Vous avez un amoureux? Eventuellement une famille épanouie et des amis supers? Je peux vous aider à trouver quelques failles pour pouvoir vous plaindre auprès de votre entourage.

Premier conseil juste expérimenté :

  • Lisez un livre profondément émouvant ou le protagoniste se retrouve dans une situation particulièrement pourrie pour pouvoir vous transposez quelques heures à son malheur.

    Je viens donc de terminer le livre « Si je reste » de Gayle Forman et qui m’a bien perturbé d’ailleurs.

    J’en profite pour m’adresser à l’auteur qui me lira sûrement pour lui signifier mon mécontentement. Je trouve ça méchant d’écrire des livres si tristes avec pleins de gens terriblement biens qui décèdent.

    Je l’ai lu pendant une permanence dans une boutique et c’est limite si je ne disais pas bonjour aux gens qui entraient en pleurant. Ca fait désordre non? Je vous conseille également « Nos étoiles Contraires » de John Green qui m’a fait épuiser un paquet de mouchoirs entiers. J’étais parfois obligée d’arrêter de lire car je n’y voyais plus rien.  Si vous voulez vous achever ils existent en version film également.

 

502bdbd075e64976bdcb5e5258da4946.jpg

 

  • Trouvez-vous une phobie construite sur un vieux traumatisme qui n’a même plus de raison d’être mais qui sera efficace pour vous mettre des bâtons dans les roues dans votre vie quotidienne. Pour ma part tout allait un peu trop bien l’année dernière, j’ai donc développé une forme d’amaxophobie (peur de conduire) en sachant que j’habite en pleine campagne. Du coup avec mamie on se comprend, je suis dans la même situation qu’elle avec 50 ans de moins. Si vous êtes amené à voyager souvent je vous conseille la phobie de l’avion et si vous aimez beaucoup aller en festival ou dans d’autres lieux pleins de gens il y a la peur de la foule (ochlophobie).

  • Dernier conseil : Ne faites surtout pas de sport! Il ne manquerait plus que vous vous sentiez bien dans votre corps! Je déconseille vivement le yoga ou autre séance de Pilates.  Si vous aimez courir évitez et si Martine vous propose d’aller randonner déclinez (de préférence avec agressivité) . Restez prostré et veillez à courber le dos.

Aujourd’hui je ne propose que ces trois conseils mais il y en a beaucoup d’autres et peut-être avez-vous des idées à soumettre? 

Si au contraire votre vie est déjà fortement désagréable il vous suffit de faire le contraire pour vous permettre d’équilibrer.

C’était Marius pour vous servir!

J’avais oublié Avant toi de Jojo Moyce :

Ma vie de créatrice

Un matin je me suis réveillée et j’avais envie de coudre tout comme il vous arrive de vous réveiller et de vous dire : tiens je vais faire des gaufres aujourd’hui, en plus ça fera plaisir à Jérémy!

Pourtant je n’étais pas du tout manuelle, enfin j’étais persuadée de ne pas l’être. Je me suis mise à coudre des accessoires puis des vêtements, j’ai montré à la face d’internet comme j’étais douée et on m’a demandé si je vendais. Alors j’ai vendu.

f81fb1df6bc37c519f615764e021a3cd

 

Je me souviens des premiers trucs que je bidouillais (à peine c’était de la couture), je les ai montré avec appréhension à mes meilleures amies en leur demandant si elle m’encourageaient à continuer. Tel un enfant qui montre ses premiers gribouillis les yeux pleins d’espoir et de fierté…Evidemment elles m’ont quand même encouragé. Dixit le code des amies art.24, paragraphe 11, ligne 32.
C’est ce que je nomme l’appel de l’univers, lorsque les portes s’ouvrent naturellement devant toi. Bon et puis parfois elle se referment.
Je fais ce métier depuis 8 ans, je ne sais pas du tout me vendre en direct, il y a un phénomène étrange de non confiance en moi qui s’opère dès que quelqu’un me parle yeux dans les yeux de mon travail, un peu comme si on me demandait quelle était ma position sexuelle préférée ou si je l’avais déjà fait dans des toilettes publiques. Si ça peut vous rassurer je suis une thérapie depuis dix ans. J’ai un dossier de 282 pages à mon nom.

fb0d53f358a2d3f187a0ebfc0265ce87.gif
C’est donc le ecommerce qui me fait principalement vivre et je ne me nourris pas essentiellement de patates et de pâtes ce qui est plutôt positif dans l’ensemble. Jusqu’à ma crise des 33 ans en tout cas.
Il y a de nombreux avantages à travailler seule :
– Tu peux mettre la musique à fond et danser sur la table quand tu t’accordes une pause (ou quand ton corps commence à bouger tout seul sur certains tempos).
– Tu peux gérer tes propres horaires
– Tu peux te parler seul sans que les collègues ne se moquent de toi
– Tu peux tout laisser en bazar sans que personne ne râle
– Tu peux faire le contraire des autres : genre bosser le week-end et glander la semaine juste pour voir ce que ça fait.
Et j’en passe bien sûr. Et puis il y a les moins :
– Tu es tout seul, genre tout le temps tout seul
– Arrive un moment ou tu n’es plus vraiment objectif sur les démarches à suivre pour être riche et célèbre
– Tu ne sais jamais de quoi demain sera fait (oui toi qui a une peur phobique de l’apocalypse c’est tout à fait comparable)
– Les gens pensent que tu es forcément libre même si tu travailles.
Exemple typique d’échanges de sms pendant mes heures de travail :
Gisèle : C’était bien ta permanence en boutique ?
Me : nan
Gisèle : Merde, étonnant ça devrait être passionnant pourtant. Tu fais quoi là? Tu bois du rhum?
Me : Oui et je viens de finir la bouteille.

 

13dba62ae5c1459ff43a329859ae0394
Ainsi vous pouvez remarquer que même mes amies pensent que je ne travaille pas vraiment.
Autant il y a des périodes ou c’est le cas autant certaines périodes ne tolèrent que de brèves pauses danses et chants sur la table comme la folie de Noël. La période la plus faste pour tout créateur qui se respecte. On se retrouve dans l’ambiance d’une cuisine de resto en plein rush :
– Et une robe Chihiro pour Véro! une jupe Chat pour Alexandra! Un manteau pour Jérôme (quoi Jérôme porte des manteaux cintrés avec de la dentelle? )
Je dois vous l’avouer avec fierté : je maîtrise parfaitement ces périodes, je suis une hyper-productive, tant que j’ai de la musique et du chocolat je ne m’arrête plus. Je me sens utile et vivante comme Pocahontas quand elle chante la couleur du vent, vous voyez?

83ca5eda7d129dabfe5768455b7cd8c2
Au-delà d’un métier, il s’agit d’une passion, en fait j’adore assembler des trucs!
Et vous avez-vous ou travaillez-vous à votre compte? 

Chanson entraînante du jour :

Ma passion inavouée (ou très peu)

Je vais être très directe et ça pourra en choquer certains mais je vous le dit tout net : je suis une fan de la saga Twilight (même si je préfère le début). En fait ma passion pour le genre vampiresque remonte à mon adolescence, j’avais un côté sombre, je chérissais les cimetières et les histoires de fantômes. C’est toujours le cas mais moins obsessionnel et en version moins dark, par exemple je chéris toujours les cimetières mais plus en journée…
Le premier livre de vampires que j’ai dévoré (on reste dans le thème) c’était Lestat le vampire de Anne Rice, j’ai relu plusieurs fois la première page qui commence par la description scandaleusement sexy et flippante de Lestat. Etrangement le filet de bave pointait sur la commissure de mes lèvres dès que je relisais le passage…
Quelques années plus tard, dans un appartement modeste mais agréable du 11ème arrondissement de Paris, on retrouve le même filet de bave accompagné de la légère rougeur qui monte à mes joues délicates devant le premier film de Twilight dont je ne connaissais absolument pas l’existence.

 

5cdaf6c413887759434f5ddb58800d50

Avis d’une professionnelle par sms sur Twilight :
Me : Tu penses quoi de Twilight ?
Professionnelle : Connais pas
Me : La saga avec les vampires et Robert Pattinson !!
Professionnelle : mais oui je déconne
Me : t’es con
Professionnelle : Je pensais que c’était une grosse bouse et en fait j’ai vu le premier et c’était pas mal.
On remarque la pertinence des propos sur la comparaison à une bouse basée sur de vagues préjugés. Au final, Robert Pattinson en vampire aura eu raison de mes hormones pendant bien 5 ans jusqu’à…
Je suis obsédée par le Japon, tout m’attire dans ce pays : la culture, la langue, la population, les paysages…Mais je parlerai de cette passion une autre fois (parce que celle-ci est plus estimable par le commun de mon entourage), c’est juste que le Japon sert de transition à mon autre passion inavouable : les dramas asiatiques.
j’ai commencé par regarder des mangas en version sous-titrées, ce qui m’a mené à quelques dramas japonais pour finir par une dépendance aux dramas coréens. Pendant que le commun des mortels occidentaux se consacrait aux séries américaines je découvrai Boys over flowers, Healer ou Goblin. En ce moment je regarde Age of youth sur Netflix. Oui les titres sont en version anglaise histoire que ça reste prononçable.
Mais faisons une rapide analyse de cet engouement imprévu et souvent incompris :
Je suis une incorrigible romantique (cf la passion éternelle entre Edward et Bella) et les dramas coréens nous en servent à la pelle du romantisme, je dirai même à la pelleteuse.
Pour exemple, Goblin (tout comme le titre l’indique), nous raconte l’histoire d’un goblin (ou gobelin en français), un personnage légendaire à la jolie apparence humaine qui erre depuis 1000 ans avec une épée invisible (pour la plupart des gens) plantée dans le coeur. Forcément je ne vous cache pas que ça fait beaucoup de souffrance à endurer pour un seul gobelin. Une personne peut mettre fin à cette souffrance : la fiancée du gobelin dont il attend l’incarnation. Donc le gars il attend 1000 ans pour sa love story, si ça c’est pas de l’amour?!
Une palette d’émotions à n’en plus finir : du rire, des pleurs, des sourires béats, de la frustration, une touche d’incompréhension et de colère parfois. Les dramas ont la réputation de vous faire passer par tout cela!
Bien sûr j’ai eu de très lourdes déceptions, et je deconseille les dramas aux gens allergiques aux clichés : les coréens apprécient beaucoup les triangles amoureux par exemple.

 

56be70733c2d9097e3a389adcfe756a6

Autre facteur déclencheur de ma dépendance : les acteurs coréens.
Je vous l’accorde tout est question de goûts, il faut dire que le standard masculin coréen n’est pas très viril, on est loin de Jamie Fraser dans Outlander ou l’acteur de Thor (je n’irai pas jusqu’à parler de Hulk malgré la proposition de ma soeur)
Mais lorsque j’ai croisé le regard de So Ji Sub (l’écran de l’ordinateur n’a pas pu mettre de barrière entre nous), mon coeur a tressauté dans ma poitrine me rappelant l’adolescente frivole que j’étais. Mais il n’est pas le seul, il m’est arrivé de suivre des dramas peu recommandables rien que pour contempler les acteurs.

ccb420754d3687e58a3864b111b2ad3f

(Oui j’ai dit le regard)

Brève discussion sms avec une inculte du charme coréen :
L’inculte : Et d’abord si tu veux te taper Kim Hun Sub tu ferais bien de lui dire que t’es encore vierge. Les coréens ont leur premier rapport à 45 ans.
Me : Il s’appelle So Ji Sub bazar à cul!
L’inculte : Ouais So Ji Zob si tu veux. je l’ai lu dans une revue sérieuse
(vous pourrez remarquer l’allusion perverse dans le détournement volontaire du nom de l’acteur adulé par moi-même)
Me : Gala ?
L’inculte : non, Closer
Me : Forcément ça force le respect…
Oui j’ai un côté stalker qui s’accorde parfaitement avec mes passions inavouables (ou difficilement).
Et vous quelle est votre passion inavouable (ou juste sous la contrainte)?

 

Terminons sur cette charmante note musicale :

La Crise des 33 ans

Pour mes 33 ans je suis pauvre comme le Christ, je ne pourrai même pas fêter dignement cet événement biblique. Il y a 10 ans de cela je m’imaginais devenir châtelaine, prendre le thé dans le salon d’hiver l’hiver (bien évidemment) et le thé glacé sur la terrasse de 230 m2 (l’été bien sûr j’espère que vous suivez).

 

95a4c68a8b0788e60bf594f93b767023

N’allez pas croire que je suis malheureuse, tout comme le Christ je suis riche intérieurement…Mon château fait 120 m2 ce qui n’est pas négligeable, j’ai un salon et une terrasse également.

Manquer d’argent n’est finalement que source de frustration et forcément de questionnement. Cela implique des situations dont on se passerait bien . Mais dignement il suffit d’en rire avec les autres.
Concernant les questionnements c’est là que je ris moins pourtant j’ai peu de limites.

Petit compte-rendu des derniers échanges de sms avec ma cousine (n’allez pas croire qu’elle s’appelle Brenda mais je trouve que ça lui va bien) :
Brenda : Je vais m’acheter des trésors que je vais manger avec du lait d’avoine, il est possible que j’en mange 3 ou 4 bols.
Me : bon plan
Brenda : Quand j’ai pas Margot en général c’est lâchage complet et je les mange devant une comédie sentimentale pourrie
Me : t’as raison tant que tu dors pas avec ta bouteille de vin sur la table de nuit
Brenda : Non je dors avec ma bouillotte
Me : Pas pareil mais agréable aussi
Brenda : toujours le moral dans le slip?
Me : je suis surtout financièrement flippééééee, je suis obligée de demander des tunes à l’époux pour le moindre truc depuis un mois c’est hyper frustrant.
Brenda : un peu badant oui et pas très autonome.
(vous remarquerez le remuage de couteau dans la plaie discret mais efficace)
Me : Oui et gênant comme quand tu as la jupe coincée dans les collants au resto.
Je précise pour les deux du fond qu’il s’agit d’une histoire vécue, je maîtrise donc parfaitement les sentiments accompagnant la situation.

Le souci c’est que je fais partie de cette génération qui privilégie l’importance de s’éclater au boulot, l’idée de me retrouver derrière un bureau dans les assurances ou à la caisse d’un supermarché me donne envie d’aller m’enfouir sous ma couette et ne plus jamais en ressortir (sauf incendie).

Je comprends tout à fait qu’on puisse apprécier un travail routinier ou tu es sûr d’avoir ta paye à la fin du mois (pour le montant je conseille plutôt les assurances), mais après tant d’année à chanter dans mon atelier sans patron comment me réintégrer dans un tel système?

 

28010276c2e4fcb44767fa748f876c11

Actuellement je vous écris d’une boutique de créateurs dans le Marais Poitevin, j’ai ouvert à 10h, il y a donc 52 minutes et j’ai vu la moitié d’une personne. En fait son corps était en entier mais elle m’a demandé si il y avait des cartes postales, je lui ai montré celles que l’on a et elle est sortie aussi sec comme si elle avait vu le diable se manifester à travers la carte standard sur laquelle est écrit : j’peux pas j’ai licorne.

Hier j’étais de permanence dans une autre boutique ou le travail d’une vingtaine de créateurs est réuni et une dame me demande : c’est vous qui faites tout? (depuis que j’ai écrit ces mots, 2 personnes de plus m’ont posé la question).
J’avais envie de lui dire que je ne suis pas une alien hyperproductive venue de la planète Exiodys mais je suis diplomate alors je lui ai expliqué le fonctionnement de la boutique tout en essayant de cacher mon caractère aigri du moment. Attention je ne juge pas, je constate.

Et vous avez-vous connu une période de pénurie ou de crise existentielle professionnelle?

Terminons sur ma chanson fétiche du moment :

 

L’héritage Introduction

Elie attends ma réaction, sur la défensive, prêt à réitérer sa demande. Je ne réponds pas pendant un moment. Que répondre à ça? Bientôt un an que j’évite toute sortie risquant de me mêler à plus de trois êtres humains, pourquoi changer mes habitudes maintenant? Ma zone de confort n’est pas loin d’être parfaitement délimitée et ça ne changera pas pour les beaux yeux de mon ami.

Franchement je m’en fous qu’il ait 33 ans et encore plus qu’il veuille réunir des gens pour boire en son honneur! Tant qu’il me laisse en paix ça me va. Il semble que ce ne soit pas le cas aujourd’hui, ça ressemble à une intervention, un ultimatum, je sais pas trop.

“- Qu’est-ce que j’y gagne?

– Ma reconnaissance éternelle et inconditionnelle tout comme l’amitié que je te porte. Je ne pourrai pas dignement passer l’âge du Christ sans ta présence à mes côtés et tu le sais depuis tes huit ans. Et puis Sonia sera là ainsi que Lyla et même Alexis, tu pourras te cacher sous leurs jupons pour masquer ta timidité légendaire sur les terres du milieu.

Je le regarde de mon oeil valide, bien sûr il s’est mis du mauvais côté comme les rares fois ou il me demande quelque chose. Je tourne donc la tête à au moins 90 degrés, ça l’intimide quand je fais ça.

-J’accepte à 12 conditions…

-Ca me paraît complètement raisonnable, je t’écoute.

Je ne peux m’empêcher de sourire.

Elie est l’un des rares à avoir cette capacité, autant j’use et j’abuse des sarcasmes autant les commissures de mes lèvres s’élargissent très rarement. Non pas que je m’apitoie sur mon sort mais c’est une question de feu intérieur je suppose, il s’est éteint on dirait, seules quelques braises se consument encore quand je m’allonge dans l’herbe et que je contemple le ciel sans penser à rien.

Penser à rien, c’est aussi l’une de mes arme ultime.

-Je reste deux heures pas plus, je m’habille comme je veux, je dis bonjour et aurevoir de loin, tu dois d’ailleurs faire en sorte que ça paraisse naturel de ma part, comme si j’étais une personne d’importance très occupée tout en étant charmante, et tu me trouves un chauffeur.

-Ca ne fait que 4 conditions mais je m’en contenterai. Sérieusement tu viens??

Je lis l’étonnement dans ces yeux avec un léger éclat de triomphe peut-être…

-Je viens.

-A ces 4 conditions?

-A ces 4 conditions.

-Tu n’en rajouteras pas dès que j’aurai le dos tourné?

Je fais tourner la cuillère entre mes doigts, bien sûr elle glisse sous la table. Je ne prends pas la peine de la ramasser. Je fais durer le suspens, pousse un profond soupir et abdique.

-Je n’en rajouterai pas. C’est bien parce que qu’il y a au moins 0, 00001% de possibilités que tu sois le nouveau messie après tout ce que tu m’as enseigné et que je tiens à passer tes derniers moments avec toi.

Elie passe ses doigts à travers deux mèches de cheveux bouclés qui retombent sur son front, il me fait un clin d’oeil et me tend la main.

-Bienvenue dans notre monde Mya.

Je lui tend mon majeur en retour et me lève pour aller rincer ma tasse, bien sûr elle tombe par terre, cette fois je me penche pour ramasser les morceaux. Heureusement que tout le monde m’offre des tasses, j’ai de la chance si je n’en casse pas deux par semaine. Dès qu’un léger obstacle se présente, ou du moins ce que je me représente comme un obstacle, je m’évertue à me servir de la mauvaise main.

Elie est parti quand je me retourne, il sait que je ne supporte plus qu’on ramasse mes dégâts à ma place depuis longtemps et puis il a obtenu ce qu’il veut l’enfoiré.

Je suis faible face à lui, il est l’une des rares personnes avec qui je fasse des efforts, la vie serait insupportable sans lui il faut bien me l’avouer.

Je prends machinalement la balle en mousse qui traîne sur la table et la malaxe quelques instants, je sens mes articulations forcer, se raidir, puis céder, elles se plient tant bien que mal avec un relent de douleur faible et familier.

Je me décide à me lever, je traverse le couloir jusqu’à l’atelier, immense, empli de lumière, c’est lui qui me nourrit encore à l’intérieur. Les odeurs de peintures acryliques me plongent dans une nouvelle atmosphère, un monde qui n’appartient qu’à moi. Rempli d’êtres d’un autre monde, sombres ou lumineux, ils s’étalent sur les toiles, familiers et rassurants.

Quel intérêt de sortir quand ils sont avec moi et qu’ils ne me parlent pas du passé?